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Chapitre

Implantation et construction — Recueil PA

Dans le type PA, l’implantation ne se limite pas au simple emplacement du site : il faut aussi vérifier les accès, les façades ou issues sur voies, les cours d’isolement, l’environnement dangereux, les tribunes et les locaux à risques.

PA 3 à PA 6 Lecture commentée

Cette partie complète les dispositions générales ERP avec plusieurs points très concrets : l’implantation par rapport aux dangers environnants, les accès et dégagements extérieurs, les tribunes non démontables et les locaux à risques particuliers.

Pour un recueil pédagogique, l’objectif est simple : comprendre immédiatement ce qu’il faut contrôler sur le terrain ou sur plan, sans devoir repartir relire toutes les dispositions générales.

Pourquoi l’implantation est un point majeur en type PA

Un établissement de plein air peut donner l’impression d’être “plus simple” qu’un bâtiment fermé. En réalité, la sécurité dépend fortement de son implantation : accès des secours, dispersion du public, distance avec des installations dangereuses, qualité des sorties, organisation des abords, traitement des tribunes et des zones techniques.

Le raisonnement à avoir est le suivant : même en l’absence d’enveloppe bâtie complète, un mauvais positionnement ou une mauvaise desserte peut compromettre l’évacuation et l’intervention des secours.

Réflexe de lecture

Toujours regarder le site en trois temps : son environnement, ses accès / issues sur l’extérieur, ses volumes ou locaux particuliers (tribunes, dessous de gradins, stockages, chaufferie, combustible, etc.).

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Implantation par rapport aux dangers environnants

Premier filtre de sécurité avant même l’étude fine des dégagements.

L’établissement doit respecter les dispositions générales d’implantation et ne pas être exposé, sans précaution suffisante, à un danger extérieur susceptible d’affecter rapidement le public : installation classée, activité dangereuse voisine, stockage sensible, risque d’explosion, propagation thermique, fumées ou phénomène accidentel.

Lecture opérationnelle : dans un site de plein air, un événement externe peut atteindre très vite une foule importante. L’absence de bâtiment fermé ne supprime donc pas le problème ; elle peut au contraire rendre l’exposition plus immédiate si les distances, clôtures, séparations ou accès ne sont pas adaptés.

Ce qu’il faut vérifier

  • présence d’installations dangereuses à proximité ;
  • distance entre le public et ces installations ;
  • sens d’évacuation possible en cas d’événement externe ;
  • risque lié à un stockage combustible ou technique voisin ;
  • cohérence du plan d’implantation avec les flux d’évacuation.

Question utile en instruction

Si un incident survient à l’extérieur du PA, le public peut-il encore sortir rapidement, dans plusieurs directions, sans être repoussé vers la zone de danger ?

Lecture pédagogique des règles de desserte, façades et cours d’isolement

Idée générale : plus l’effectif augmente, plus l’établissement doit offrir au public et aux secours des débouchés variés sur l’extérieur : voies publiques, façades utilisables, accès dissociés, éventuellement cour d’isolement correctement dimensionnée.

Pour les établissements de cette importance, le principe est de disposer de trois façades au minimum.

  • au moins une façade sur une voie publique de 15 m minimum ;
  • les deux autres peuvent donner sur des voies publiques répondant aux conditions réglementaires ;
  • l’une d’elles peut être remplacée par une cour d’isolement conforme.

Cela signifie, en lecture simple, qu’un établissement recevant beaucoup de monde ne doit pas fonctionner comme une “poche fermée” avec une seule ouverture utile sur l’extérieur.

Version terrain : on cherche à éviter qu’un seul front d’évacuation ou un seul axe routier bloque à lui seul toute la gestion d’un mouvement de foule.

Une réduction à deux façades peut être admise lorsque, au niveau du rez-de-chaussée, le public n’a pas plus de 40 mètres à parcourir pour gagner une sortie.

  • une façade doit alors donner sur une voie publique de 15 m minimum ;
  • l’autre sur une voie publique réglementaire ;
  • dans cette hypothèse, les locaux en étage accessibles au public doivent être desservis directement par les baies prévues par les règles générales.

En clair : la réduction n’est admise que si le niveau principal est très favorable en termes de distance d’évacuation et si les étages ne deviennent pas un point faible.

Pour cette tranche d’effectif, il faut au minimum deux façades.

  • une au moins sur une voie publique de 12 m minimum ;
  • l’autre pouvant donner sur une voie réglementaire ou sur une cour d’isolement.

Le principe reste le même : l’évacuation et l’intervention ne doivent pas dépendre d’un seul débouché.

Une cour d’isolement n’est pas une simple cour “vide”. C’est un espace extérieur réellement utilisable pour le dégagement de l’établissement.

Dimensions minimales

  • sa plus petite dimension doit être au moins égale à la largeur des sorties normales qui y débouchent ;
  • elle ne peut jamais être inférieure à 8 mètres.

Liaison avec la voie publique

  • communication directe et de plain-pied avec la voie publique, ou
  • passage avec pente ≤ 10 % ;
  • largeur minimale du passage : 4 m ;
  • si passage couvert : hauteur libre ≥ 3,50 m ;
  • le tracé doit permettre l’accès du matériel des sapeurs-pompiers.
Point fondamental : la cour d’isolement et son passage doivent être strictement réservés au dégagement de l’établissement. Ils ne doivent pas servir d’espace commun de fonctionnement avec une autre exploitation.

En pratique, si tu comptes cette cour comme élément de sécurité, elle doit être lisible, dégagée, exploitable et non “théorique”.

Les établissements de 2e catégorie doivent avoir au moins une façade sur une voie publique.

Lorsqu’ils n’ouvrent que sur une seule voie, un espace de 12 mètres minimum doit séparer les deux portes de sortie normales extrêmes.

Cette aggravation n’est pas exigée si l’établissement possède une sortie accessoire :

  • soit sur une autre voie publique ;
  • soit sur la même voie mais à au moins 12 mètres de la sortie réglementaire la plus proche.

Les établissements de 3e catégorie doivent avoir au moins une façade :

  • soit sur une voie publique ;
  • soit sur une cour non couverte d’au moins 6 m dans sa plus petite dimension, reliée à la voie publique par un passage non couvert accessible au matériel d’incendie et de sauvetage.

Dans cette seconde hypothèse, le passage doit notamment :

  • avoir une longueur maximale de 10 m ;
  • présenter une largeur au moins égale au total des sorties normales sur la cour ;
  • ne jamais être inférieur à 3 m.
Conséquence pratique : si la façade utile ne donne pas directement sur la voie publique, la cour et son passage doivent jouer un vrai rôle de relais d’évacuation.

Dans ce cas, l’établissement doit en outre posséder une sortie accessoire sur une seconde voie publique.

Lecture pratique pour un établissement de plein air

Sur plan

  • repérer toutes les sorties normales ;
  • voir sur quoi elles débouchent réellement ;
  • mesurer largeurs, distances et séparation des issues ;
  • vérifier si une cour d’isolement est seulement dessinée ou réellement exploitable.

Sur site

  • contrôler les encombrements réels ;
  • vérifier si les accès pompiers sont possibles ;
  • regarder si la cour ou le passage servent à autre chose ;
  • apprécier si le public peut se répartir sans effet d’entonnoir.

En instruction

  • demander un plan coté lisible ;
  • faire préciser la largeur utile des issues et passages ;
  • faire identifier la voie publique principale et les accès secondaires ;
  • faire confirmer l’absence d’usage parasite des cours et passages réglementaires.
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Tribunes non démontables

Point sensible en PA, même lorsque l’installation paraît simple.

Les tribunes non démontables renvoient aux règles générales applicables aux circulations, escaliers, structures et conditions d’exploitation. En type PA, il faut surtout bien lire ce qui se passe sous les tribunes et autour d’elles.

À retenir

  • renvoi vers les règles générales relatives aux escaliers et tribunes ;
  • pas d’exigence de stabilité au feu des structures porteuses s’il n’existe pas de local à risques particuliers sous les tribunes ;
  • les dessous de gradins doivent être maîtrisés et non banalisés.

Point de vigilance majeur

Un vide sous gradins accessible, utilisé comme rangement improvisé, local technique mal identifié ou dépôt de matériels combustibles, peut transformer une tribune en point sensible très pénalisant.

Lecture terrain : vérifier que les dessous de tribunes ne sont ni accessibles au public, ni utilisés comme stockage sauvage, ni transformés en local non traité réglementairement.
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Locaux à risques particuliers

Un point souvent discret sur plan, mais très important en sécurité incendie.

Sont notamment visés les locaux de chauffage concernés par les règles applicables, les stockages de combustible, ainsi que les magasins de paille, de fourrage ou de matériels combustibles. Ces locaux doivent être isolés des autres locaux et des dégagements par des parois et des portes résistantes au feu adaptées.

Ce qu’il faut comprendre : le problème n’est pas seulement la présence d’un local technique, mais son niveau de risque, son positionnement, son isolement et sa possible proximité avec le public ou les cheminements d’évacuation.
Point à contrôler Pourquoi c’est important Lecture simple
Présence de stockages sous tribunes Peut modifier totalement le niveau de risque du volume. Un espace “vide” sous gradins peut en réalité devenir un local à risque.
Accès du public aux dessous de gradins Favorise le stationnement, les dépôts et les départs de feu cachés. À proscrire ou à rendre impossible.
Local combustible ou technique proche des dégagements Peut compromettre l’évacuation dès le début du sinistre. Un local mal placé peut dégrader toute la stratégie d’évacuation.
Distance aux activités dangereuses voisines Impact direct sur la sécurité globale du site. Le risque extérieur doit être intégré dès la conception.

Checklist rapide d’analyse

À vérifier sur le dossier

  • plan de masse avec voies, accès, sorties et largeurs ;
  • identification des façades ou débouchés utiles ;
  • présence éventuelle d’une cour d’isolement et de son passage ;
  • position des tribunes et traitement des dessous ;
  • localisation des volumes ou locaux à risques particuliers ;
  • présence d’installations dangereuses voisines.

Question finale à se poser

L’établissement reste-t-il sûr si une sortie devient inutilisable, si un danger survient à proximité, ou si les secours doivent intervenir rapidement dans un site déjà saturé de public ?