Alarme générale du compartiment
Signal diffusé dans le seul compartiment concerné pour ordonner l’évacuation, avec au moins un signal sonore.
Ce premier chapitre fixe le socle de lecture de l’ensemble du règlement IGH : champ d’application, activités techniques admises, vocabulaire réglementaire, contenu du dossier de sécurité, périodicité des visites, logique des vérifications techniques et obligations documentaires du propriétaire. En IGH, la sécurité incendie ne repose pas uniquement sur la construction : elle repose aussi sur la preuve de conformité, la traçabilité, la maintenance et la capacité à justifier à tout moment l’état réel de l’immeuble.
Lorsqu’un immeuble de grande hauteur existe déjà, des travaux de remplacement d’installation, d’aménagement ou d’agrandissement déclenchent l’application du règlement sur les seules parties modifiées. Toutefois, si les modifications ont pour effet d’accroître le risque pour l’ensemble de l’immeuble, des mesures de sécurité complémentaires peuvent être imposées après avis de la commission de sécurité.
Le texte comporte d’abord des prescriptions générales communes à toutes les classes d’immeubles de grande hauteur. Il est ensuite complété par des dispositions relatives au classement des immeubles comportant plusieurs activités et à l’indépendance des volumes, puis par des règles particulières propres à chaque classe d’IGH.
Dispositions communes sur la construction, les circulations, les installations techniques, le SSI, les moyens de secours, les contrôles et l’exploitation.
Règles complémentaires pour les IGH intégrant plusieurs activités, des volumes indépendants ou des interfaces avec d’autres constructions.
Chaque classe d’IGH reçoit ensuite ses propres dispositions spécifiques selon l’usage réel de l’immeuble.
Le texte précise également qu’en application de l’article R. 4216-1 du code du travail, les sections concernées de ce code ne s’appliquent pas dans le cadre du présent règlement, le régime IGH constituant lui-même un dispositif réglementaire spécifique.
Ne sont pas considérés comme des niveaux, au sens du classement IGH, les locaux ou groupes de locaux techniques qui couvrent une emprise inférieure à 50 % du niveau courant et qui sont accessibles uniquement depuis la terrasse.
Une seule mezzanine est autorisée par compartiment et sa surface est prise en compte dans le calcul de la superficie du compartiment. Certaines mezzanines intérieures répondant aux conditions prévues par le règlement ERP peuvent, en atténuation, ne pas être soumises à l’exigence générale de stabilité au feu de l’immeuble, à condition de démontrer qu’il n’existe pas de risque d’effondrement en chaîne en cas de ruine de cette mezzanine.
En IGH, la notion de compartiment structure toute la stratégie de sécurité. Toute surface créée dans un compartiment modifie potentiellement les effectifs, les parcours, la charge calorifique, la stabilité, le désenfumage et les moyens de secours.
Le règlement IGH ne raisonne pas uniquement en référence à des produits “français”. Lorsqu’il exige la conformité à une norme, à une certification ou à une preuve de classement, il admet aussi des produits, procédés ou essais équivalents provenant d’autres États membres de l’Union européenne, de l’Espace économique européen ou de la Turquie, dès lors qu’ils assurent un niveau de protection contre l’incendie équivalent.
Si une norme française ou européenne non harmonisée est demandée, l’exigence ne s’applique pas aux produits fabriqués selon des normes, spécifications ou procédés étrangers assurant une protection équivalente.
Lorsqu’une certification produit est exigée, une certification équivalente délivrée dans un autre État peut être admise si elle garantit un niveau de sécurité incendie équivalent et une aptitude à l’emploi comparable.
Lorsqu’un produit est soumis au marquage CE, les preuves de conformité autres que celles liées à ce marquage cessent d’être exigibles à compter de l’entrée en vigueur de cette obligation.
Les essais réalisés par des laboratoires étrangers accrédités sur référentiel commun sont acceptés dans les mêmes conditions que ceux réalisés par des laboratoires français accrédités.
Le règlement admet explicitement certaines installations indispensables à l’exploitation d’un immeuble de grande hauteur. Sont notamment autorisés :
Les exigences de réaction au feu et de résistance au feu mentionnées dans le règlement se réfèrent au code de la construction et de l’habitation et aux textes en vigueur. Le propriétaire doit être en mesure de justifier, notamment lors des visites des commissions de sécurité et lors des vérifications techniques, que les matériaux et éléments de construction utilisés possèdent un classement au moins égal à celui exigé par le règlement.
En IGH, certains mots ont une portée technique immédiate. Bien les comprendre permet de mieux lire le règlement, de mieux dialoguer avec les bureaux de contrôle, les commissions et les exploitants.
Signal diffusé dans le seul compartiment concerné pour ordonner l’évacuation, avec au moins un signal sonore.
L’alerte intérieure vise le service de sécurité de l’immeuble ; l’alerte extérieure vise les secours publics.
L’alimentation électrique de sécurité maintient le fonctionnement des installations de sécurité en cas de défaillance de la source normale-remplacement.
La circulation horizontale commune relie escaliers, paliers d’ascenseurs et intercommunications. Les halls y sont assimilés.
Cheminement propre à une zone occupée, cloisonné ou matérialisé, permettant de rejoindre la sortie sans hésitation.
Zone d’attente protégée pour une personne à mobilité réduite, avec signalisation, éclairage de sécurité et liaison phonique.
Les occupants quittent le compartiment concerné pour rejoindre un autre compartiment non atteint, sans sortir immédiatement de l’immeuble.
Les occupants déjà mis à l’abri rejoignent ensuite le niveau d’évacuation extérieur, par escaliers et selon les cas par ascenseurs.
Ensemble des équipements maintenus ou activés en cas d’incendie : éclairage minimal, SSI, secours en eau, pompes, ascenseurs, télécoms, etc.
Situation où l’effectif présent descend sous une personne pour 100 m² de surface de plancher dans l’ensemble des compartiments.
Document fortement conseillé (obligatoire sur Paris) pour les travaux par points chauds, définissant les mesures de prévention, de surveillance et de lutte contre l’incendie.
Le système de sécurité incendie détecte, traite et commande les fonctions nécessaires à la mise en sécurité du bâtiment.
La logique IGH repose sur quatre idées fortes : compartimenter, évacuer progressivement, maintenir les fonctions critiques et piloter la sécurité depuis le PCS.
Au stade de la conception, la notice de sécurité jointe au dossier soumis à la commission de sécurité doit être rédigée dans l’ordre des articles du règlement IGH et faire référence explicitement à ces articles ainsi qu’aux documents techniques complémentaires.
Avant le début des travaux portant sur les façades et les installations techniques, la notice est complétée par des renseignements de détail présentés selon les formes prévues par le règlement ERP et accompagnés de la liste des documents exigés par les chapitres concernés.
Les renseignements de détail concernant les installations techniques doivent être fournis par le constructeur ou le propriétaire avant le début des travaux portant sur ces installations. Ils sont présentés, pour chaque famille d’installation, sous la forme prévue par le règlement de sécurité des ERP et accompagnés de la liste des pièces exigées par les chapitres correspondants.
L’objectif est de permettre à la commission de sécurité d’examiner non seulement l’intention générale du projet, mais aussi le niveau réel de définition des installations de sécurité et de vérifier la cohérence entre principes, matériels, plans, schémas, notes de calcul et justificatifs de conformité.
La commission de sécurité visite l’immeuble selon une périodicité qui dépend de la classe d’IGH. Lorsque plusieurs classes d’activités coexistent, c’est la périodicité la plus rapprochée qui s’applique.
| Classe | Périodicité | Lecture pratique |
|---|---|---|
| GH U | 2 ans | Suivi le plus rapproché parmi les classes citées, en raison de la vulnérabilité particulière des occupants. |
| GH A, GH O, GH Z, ITGH | 3 ans | Surveillance renforcée liée aux caractéristiques d’exploitation ou à la nature du public accueilli. |
| GH R, GH S, GHTC, GH W | 5 ans | Périodicité normale des autres classes visées par le texte. |
Le maire ou le préfet peut modifier cette fréquence après avis de la commission si l’état de l’immeuble ou les anomalies constatées le justifient. Une ampliation des décisions prises par le maire à l’issue des visites est transmise au préfet.
Les propriétaires doivent faire effectuer des vérifications techniques par des organismes agréés. Pour un même type d’installation, hormis les vérifications de charge calorifique, les contrôles sont exécutés dans l’ensemble de l’immeuble sous la responsabilité d’un même organisme agréé.
Dans les immeubles neufs ou ayant fait l’objet de travaux, les vérifications sont réalisées à l’issue des visites de chantier. Elles comportent notamment :
Ces vérifications donnent lieu à un RVRAT : rapport de vérifications réglementaires après travaux.
Lorsqu’il est prévu de vérifier 20 % de certains ouvrants ou compartiments par an, l’ensemble doit être vérifié dans un délai de cinq ans.
Ces vérifications donnent lieu à un RVRE : rapport de vérifications réglementaires en exploitation.
Après mise en demeure de l’autorité administrative, des vérifications ciblées peuvent être demandées sur tout ou partie des équipements, des installations techniques ou des dispositions constructives. La commission précise alors l’objet, la nature et le référentiel des vérifications attendues.
Ces vérifications donnent lieu à un RVRMD : rapport de vérifications réglementaires sur mise en demeure.
| Avis | Signification |
|---|---|
| C | Conforme. |
| NC | Non conforme, prestation inachevée ou justification absente empêchant l’évaluation. |
| SO | Sans objet. |
| HM | Hors mission. |
| PM | Pour mémoire. |
| Avis | Signification |
|---|---|
| S | Satisfaisant : maintien de l’état de conformité et adéquation avec l’exploitation. |
| NS | Non satisfaisant. |
| NV | Non vérifié : impossibilité d’accès, contrainte d’exploitation ou autre motif précisé. |
Les non-conformités ou anomalies doivent faire l’objet d’observations clairement formulées, regroupées dans des listes récapitulatives avec localisation des parties concernées.
Les rapports de vérifications techniques ne sont pas de simples check-lists. Ils comportent des renseignements administratifs, la désignation précise de l’immeuble, son classement, l’identification du propriétaire, des vérificateurs, de l’organisme agréé, la nature et l’étendue de la mission, les matériels d’essai utilisés, les documents examinés et les résultats motivés des vérifications.
Rapport centré sur la conformité après travaux, avec avis C, NC, SO, HM ou PM et commentaires explicatifs sur les écarts constatés.
Rapport centré sur l’état d’exploitation, l’entretien, la maintenance, le fonctionnement des installations et les observations à corriger.
En pratique, ces rapports constituent l’une des preuves majeures du niveau de maîtrise du risque incendie dans l’immeuble.
Dès qu’il en a le signalement, le propriétaire doit faire remédier à l’indisponibilité des équipements de sécurité. Lorsqu’une vérification met en évidence la nécessité d’une remise en état, il doit prendre les dispositions nécessaires dans le délai d’un mois suivant cette vérification.