Guide Type U

Guide pratique Type U

Comprendre la sécurité incendie des établissements de soins sans devoir parcourir tout le règlement.

Version imprimableRéférences utiles : U 1 à U 64

Généralités

Références utiles : U 1 à U 3

L’esprit de la règle

Le type U part d’un constat simple : une partie du public est soignée, alitée ou dépendante du personnel. La sécurité ne peut donc pas reposer sur une évacuation générale rapide. Le classement dépend à la fois de l’activité médicale, des lits d’hospitalisation, des consultations et des visiteurs.

Principales mesures

Avant tout projet, il faut distinguer les hospitalisations de plus de douze heures des lits de jour, recenser chaque poste de consultation et intégrer les locaux accueillant d’autres publics. Les produits nécessaires aux soins restent admis, mais les produits dangereux fixes ne doivent pas encombrer les circulations.

  • Distinguer hospitalisation et lits de jour.
  • Vérifier les seuils de 100 personnes ou 20 lits.
  • Intégrer visiteurs, personnel et consultations au calcul.

Point de vigilance : Une erreur d’effectif fausse la catégorie, les dégagements, le SSI et l’organisation des secours.

Isolement et implantation

Références utiles : U 5 à U 7

L’esprit de la règle

L’établissement de soins doit être protégé des activités voisines susceptibles de provoquer un sinistre important. Les communications avec d’autres établissements sont donc exceptionnelles et organisées pour ne pas créer un passage direct du feu ou des fumées.

Principales mesures

Il faut analyser les tiers situés au-dessus, au-dessous et à côté, limiter les intercommunications, protéger les liaisons autorisées et garantir plusieurs possibilités d’accès aux façades pour les secours. Une liaison avec un parc de stationnement impose un traitement spécifique.

  • Écarter toute superposition avec un tiers à risques particuliers.
  • Encadrer strictement les intercommunications.
  • Prévoir l’accès des secours sur une seconde façade.

Point de vigilance : Une porte de communication pratique au quotidien peut devenir un point faible majeur si son degré coupe-feu ou sa fermeture automatique ne sont pas maintenus.

Construction

Références utiles : U 8 à U 15

L’esprit de la règle

Le principe directeur est le transfert horizontal : au début de l’incendie, les patients qui ne peuvent pas se déplacer seuls sont déplacés vers une zone voisine protégée, sur le même niveau. L’évacuation verticale n’intervient qu’en dernier recours.

Principales mesures

Chaque niveau à sommeil est organisé en zones protégées, elles-mêmes subdivisées lorsque l’effectif de lits augmente. Le cloisonnement est renforcé, les galeries sont isolées et ventilées, et les locaux à risques sont séparés des soins et des circulations.

  • Organiser le transfert horizontal avant l’évacuation verticale.
  • Créer au moins deux zones protégées aux niveaux à sommeil.
  • Recouper et isoler les volumes selon leur risque.

Point de vigilance : Un simple changement de porte, de cloison ou d’affectation peut rompre la continuité d’une zone protégée. Les plans doivent rester conformes à l’état réel.

Dégagements

Références utiles : U 16 à U 22

L’esprit de la règle

Les circulations ne servent pas seulement à sortir du bâtiment : elles permettent d’abord de déplacer lits et patients vers une zone sûre. Elles doivent donc rester larges, lisibles et utilisables même lorsque des portes de recoupement se ferment.

Principales mesures

Les circulations structurantes disposent d’une largeur suffisante, les escaliers sont protégés et accessibles sans traverser la zone sinistrée, les distances sont limitées et les portes automatiques sont pilotées par la détection. Le personnel doit connaître le sens du transfert.

  • Garantir deux unités de passage dans les circulations structurantes.
  • Maintenir un accès à un escalier hors de la zone sinistrée.
  • Associer portes automatiques et détection incendie.

Point de vigilance : Les chariots, lits en attente et équipements mobiles ne doivent jamais réduire la largeur utile des circulations.

Aménagements intérieurs

Références utiles : U 23 à U 25

L’esprit de la règle

Dans les zones de soins et de sommeil, un départ de feu doit se développer lentement afin de laisser au personnel le temps d’intervenir et de transférer les occupants. Le choix des matériaux et du mobilier contribue directement à ce délai.

Principales mesures

Les revêtements, plafonds, éléments décoratifs, rideaux et aménagements sont sélectionnés selon leur réaction au feu. Les justificatifs doivent être conservés et toute rénovation doit préserver le niveau initial de sécurité.

  • Contrôler les classements de réaction au feu.
  • Traiter prioritairement chambres et circulations.
  • Conserver les justificatifs des matériaux.

Point de vigilance : Un matériau commercialement présenté comme « ignifugé » n’est pas suffisant sans procès-verbal correspondant à son emploi réel.

Désenfumage

Références utiles : U 26

L’esprit de la règle

Le désenfumage vise à conserver des circulations praticables assez longtemps pour effectuer les transferts horizontaux et permettre l’intervention. Il fonctionne avec le compartimentage et la fermeture des portes, pas indépendamment.

Principales mesures

Les circulations concernées sont identifiées par zone. Les commandes, volets, exutoires et ventilateurs sont intégrés au scénario du SSI puis essayés dans des conditions représentatives.

  • Identifier les circulations à désenfumer.
  • Coordonner détection et compartimentage.
  • Vérifier commandes et essais périodiques.

Point de vigilance : Une porte calée ouverte ou un volet non entretenu peut rendre inefficace tout le scénario de désenfumage.

Chauffage et ventilation

Références utiles : U 27

L’esprit de la règle

Les installations thermiques et de ventilation doivent assurer le confort et l’hygiène sans propager fumées ou feu d’une zone de soins à l’autre.

Principales mesures

Les traversées de parois sont traitées, les réseaux respectent le compartimentage et les arrêts nécessaires sont coordonnés avec la mise en sécurité. L’entretien doit rester compatible avec la continuité des soins.

  • Appliquer CH avec U 27.
  • Préserver le compartimentage aux traversées.
  • Intégrer les arrêts au scénario de sécurité.

Point de vigilance : Toute modification de réseau aéraulique doit être rapprochée des plans de zones protégées et du scénario incendie.

Cuisson et remise en température

Références utiles : U 28 à U 29

L’esprit de la règle

La préparation ou remise en température des repas introduit des sources chaudes, graisses et puissances électriques dans un environnement occupé en permanence. Le règlement cherche à cantonner ce risque.

Principales mesures

Il faut distinguer cuisine centrale, office, appareil isolé et remise en température, puis appliquer l’isolement, l’extraction, les coupures et les moyens d’extinction correspondant à la puissance et à l’usage.

  • Qualifier puissance et usage des appareils.
  • Isoler les offices concernés.
  • Prévoir entretien, coupure et consignes.

Point de vigilance : L’ajout d’un appareil dans un office ne doit jamais être traité comme un simple équipement domestique.

Installations électriques

Références utiles : U 30

L’esprit de la règle

Un établissement de soins dépend de nombreux équipements électriques. La sécurité consiste à éviter l’origine électrique d’un incendie tout en maintenant les fonctions indispensables aux patients et à la mise en sécurité.

Principales mesures

Les circuits sont organisés selon leur fonction, les sources de remplacement sont identifiées et testées, et les équipements qui ne doivent pas être coupés sont clairement distingués.

  • Identifier les équipements devant rester alimentés.
  • Séparer sécurité et soins.
  • Documenter les essais des sources de remplacement.

Point de vigilance : Une coupure générale mal conçue peut interrompre un équipement médical essentiel ; elle doit être étudiée avec les responsables techniques et médicaux.

Éclairage

Références utiles : U 32

L’esprit de la règle

L’éclairage de sécurité doit permettre au personnel de poursuivre la mise à l’abri sans plonger les patients et les circulations dans l’obscurité.

Principales mesures

Le balisage et l’éclairage d’ambiance sont adaptés aux cheminements, zones protégées et postes nécessaires à l’exploitation. Leur autonomie et leur fonctionnement font l’objet d’essais réguliers.

  • Garantir le repérage du public à mobilité réduite.
  • Vérifier circulations et zones protégées.
  • Tester périodiquement les équipements.

Point de vigilance : Le contrôle doit être réalisé en situation de perte de l’éclairage normal, pas seulement par observation des voyants.

Locaux d’AIA

Références utiles : U 33 à U 35

L’esprit de la règle

Les locaux d’anesthésie et de soins intensifs associent patients très vulnérables, appareillages nombreux et contraintes de ventilation. La stratégie vise à éviter l’accumulation de produits ou vapeurs et à maintenir les fonctions vitales.

Principales mesures

Les locaux concernés sont précisément identifiés. Ventilation, étanchéité des traversées, installations électriques et équipements médicaux sont coordonnés, avec des procédures connues des équipes.

  • Délimiter les locaux concernés.
  • Coordonner contraintes médicales et incendie.
  • Contrôler électricité, ventilation et exploitation.

Point de vigilance : La qualification d’un local dépend de son usage réel ; toute évolution d’activité médicale impose une nouvelle analyse.

Ascenseurs

Références utiles : U 36

L’esprit de la règle

Les ascenseurs ordinaires ne constituent pas une issue. Certains appareils protégés jouent cependant un rôle dans l’intervention et, selon la stratégie, dans le déplacement accompagné.

Principales mesures

Le non-arrêt dans la zone sinistrée, la commande accompagnée, la communication avec le poste de sécurité et l’appel prioritaire des secours sont vérifiés. L’accès doit rester possible sans traverser la zone touchée.

  • Identifier les appareils protégés.
  • Maintenir leurs accès hors zone sinistrée.
  • Vérifier alimentation et commandes.

Point de vigilance : Les fonctions de sécurité doivent être essayées avec le SSI et non uniquement lors de la maintenance courante de l’ascenseur.

Moyens de secours

Références utiles : U 41 à U 48

L’esprit de la règle

La détection précoce donne au personnel le temps indispensable pour agir avant que les fumées compromettent le transfert horizontal. L’organisation humaine et le SSI forment un seul dispositif.

Principales mesures

Le service de sécurité, la détection, l’alarme sélective, les moyens d’extinction, l’alerte et les plans sont dimensionnés selon l’établissement. Tout le personnel reçoit une formation pratique et participe à des exercices réguliers.

  • Former le personnel au transfert horizontal.
  • Définir un SSI cohérent avec les zones protégées.
  • Tracer exercices, essais et interventions.

Point de vigilance : Un SSI performant ne compense pas un personnel qui ne sait pas identifier la zone en alarme, fermer les portes ou déplacer les patients.

Hôpitaux de jour et thermalisme

Références utiles : U 49 à U 50

L’esprit de la règle

Les soins de moins de douze heures sans locaux à sommeil présentent un risque différent de l’hospitalisation classique. Le règlement retient donc une sélection de mesures du type U plutôt que l’ensemble du dispositif.

Principales mesures

L’exploitant confirme l’absence de sommeil par destination, déclare l’effectif et applique précisément les dispositions rendues applicables aux locaux concernés, en tenant compte de leur implantation dans le bâtiment.

  • Confirmer l’absence de locaux à sommeil.
  • Appliquer la liste précise de U 50.
  • Faire déclarer l’effectif.

Point de vigilance : Un local utilisé occasionnellement pour faire dormir un patient peut remettre en cause la qualification annoncée.

Gaz médicaux

Références utiles : U 51 à U 64

L’esprit de la règle

Les gaz médicaux sont indispensables aux soins mais peuvent alimenter ou aggraver un incendie. La stratégie consiste à sécuriser stockage, distribution et coupures sans priver brutalement les patients.

Principales mesures

Les centrales et bouteilles sont implantées dans des zones dédiées et ventilées, les canalisations sont protégées et repérées, les vannes sont accessibles, et les équipes disposent d’une procédure de coupure coordonnée avec les soins.

  • Séparer stockage et zones publiques.
  • Protéger réseaux et organes de coupure.
  • Formaliser contrôles et conduite en cas d’incident.

Point de vigilance : Aucune vanne ne doit être manœuvrée en urgence sans savoir quels patients et quels secteurs elle alimente.